L'AGRICULTURE ET L'AUTOSUFFISANCE ALIMENTAIRE EN 2020

Il est clair aujourd’hui que les programmes gouvernementaux des présidents successifs n’ont montré aucune volonté politique pour faire de l’agriculture sénégalaise une véritable priorité qui pourrait mettre fin à la décadence de ce secteur clé de l’économie sénégalaise. La pénurie alimentaire au Sénégal, dans les villes comme dans les campagnes et la hausse vertigineuse des prix des produits de première nécessite pour les consommateurs témoignent de l’échec de leurs politiques agricoles ou plutôt rendent compte de leur absence. Le Sénégal ne manque ni de bonnes terres, ni d’eau potable ou d'eau disponible pour l’irrigation, données indispensables à la satisfaction de sa main-d' œuvre rurale et de la volonté de ses populations.

Plus de deux tiers de la superficie du Sénégal sont inexploités alors que 75% de sa population est rural. Par une bonne politique agricole, notre pays ne devrait plus dépendre de la charité internationale pour se nourrir. C’est pourquoi, conscients de l'importance du secteur agricole en tant que première source de revenus pour les populations rurales mais aussi, de produits vivriers pour tous, nous proposons le programme REPI pour promouvoir l’augmentation de la production agricole, de l’élevage et de l’eau potable pour tous les Sénégalais.

Le programme pour les Ressources en Eaux Potables et pour l'Irrigation (REPI) Et l'autosuffisance Alimentaire en 2020

Ce programme est un plan rationnel et méthodique ayant pour objectif l'autosuffisance alimentaire et l’accessibilité en eau potable et en eau d’irrigation. Il entend exploiter les potentialités hydriques constituées par les eaux superficielles tels les fleuves, les lacs et cours d’eau à travers le Sénégal. REPI apportera non seulement un répit mais une solution rationnelle et définitive à la crise de l’eau dans le pays. En effet, le Sénégal dispose d'un important potentiel hydrique, qui ne devrait plus le classer parmi les pays qui ne dépendent que des eaux pluviales de plus en plus rares. Les principales ressources en eaux de surface sont constituées par les fleuves Sénégal (1770 km de long) et Gambie (1150 km de long), les cours d'eau de la Casamance et de la Kayanga, le lac de Guiers. Bien que le potentiel hydrique du pays souffre des fortes variations climatiques entraînant du coup une baisse du niveau piézométrique des nappes et/ou une forte minéralisation, des réserves suffisantes d'eau demeurent disponibles pour un programme d'irrigation réussie. Avec peu de moyens nous pourrons ainsi assurer de l’eau potable et une auto-suffisance alimentaire à toutes populations.
Le potentiel des terres irrigables au Sénégal peut être porté à 1,5 millions d’hectares. Ce qui pourrait garantir une autosuffisance alimentaire totale à l’ensemble du pays et aux pays riverains.

Les objectifs du Programme «REPI» sont entre autres:
•  l'accès à l'eau potable pour tous les Sénégalais avant 2020;
•  l'accès à la terre et à l'eau d'irrigation pour tous les fermiers et bergers Sénégalais  avant 2015 ;
•  la préservation des ressources en eau du Sénégal et de leur qualité par la mise en place d'un système de gestion, de contrôle et de surveillance de la qualité des réserves en eau;
•  La substitution de l'alimentation en eau superficielle à celle des nappes de la bordure sédimentaire et les eaux souterraines en procédant à la déconnexion progressive des forages construits à travers le pays ;
•  la protection des réserves d'eau douce des grandes villes du Sénégal en procédant efficacement à l’application des réglementations établies dans les différents codes ;
•  le renforcement de la production agro-sylvo-pastorale du pays et le développement d'une coopération et une intégration économique pour l'eau, l'énergie, l'agriculture et les ressources naturelles.

Le financement de l’agriculture

L’agriculture sénégalaise constitue un secteur économique principalement tenu par des nationaux. S’il n’a pas progressé, c’est parce qu’il n’a pas été suffisamment sollicité ni par les institutions financières publiques, ni par les banques privées.

Elle a au contraire toujours été considérée comme un champ de chasse aux voies électorales par tous nos présidents successifs. Il est temps de renverser cette tendance afin que toutes les structures publiques et privées installées dans notre pays y compris l'État lui-même, mettent tout en œuvre pour orienter leurs efforts vers la production agricole. Considérant les garanties de l'État, nous pensons en outre que l’autre principale source de garantie des crédits bancaires se trouve dans cette production agricole elle-même.

Nous militons donc pour la multiplication des institutions financières à vocation agricole afin de répondre aux besoins des agriculteurs pour financer leurs projets. Ce programme devrait d’abord s'orienter vers le financement de l’agriculture vivrière pour mettre fin à la pénurie des denrées alimentaires.

Les associations des cultivateurs

Le manque de moyens des cultivateurs provient du fait que ces derniers travaillent de manière individuelle, en ce sens qu’ils ne sont pas intégrés dans des associations, des sociétés ou des coopératives d’achat, de vente, de production et de crédit. Nous estimons que des organisations d’agriculteurs fortes et actives constituent la clé de voûte du développement agricole et de l’émancipation du milieu rural. C'est pourquoi nous militons pour encourager la constitution d’organisations agricoles politiquement indépendantes et nous engageons à leur accorder notre soutien indéfectible.

Les politiques menées depuis l’indépendance par nos différents présidents ont sacrifié les intérêts des masses rurales sénégalaises au profit de quelques privilégiés. Une politique agricole ne pourra être efficace que si elle assure une juste rémunération du travail des paysans. Ils doivent avant tout, avoir l’assurance de vendre leurs produits à des prix pouvant leur permettre de sérieusement élever leur niveau de vie.

C'est ainsi que nous favoriserons la mise en place de circuits mieux organisés de commercialisation pour l'approvisionnement des villes et des villages en produits agricoles.

Pour résoudre le problème des infrastructures rurales, l’industrie locale devrait être encouragée à produire des véhicules motorisés pour les coopératives et les entreprises agricoles familiales. La coopération avec les pays amis devrait s’orienter dans cette direction. Les constructions de nouvelles routes devraient surtout s’intensifier dans les zones rurales. Compte tenu des graves problèmes de transport par chemin de fer, par route, par voie fluviale et aérienne qui doivent rapidement être solutionnés, le sens de l'efficacité nous dicte de rendre le transport rural plus efficient.

La vulgarisation agricole et la formation des agriculteurs

Nous considérons que l'État a le devoir de mettre à la disposition des cultivateurs et des entrepreneurs agricoles, des informations fiables sur l’état des sols et leur qualités, au lieu de les laisser agir par tâtonnement et gaspiller leur force de travail ainsi que leurs intrants. Nous mettrons en place des programmes de vulgarisation et de formation agricole dans lesquels radios et télévisions devront aider la société à l’acquisition de connaissances agronomiques.

La création d’écoles spécialisées sera au coeur de ces programmes agricoles qui seront accompagnés par la mise en place de stages professionnels avec des possibilités de recyclage et de voyages d’étude à l'étranger assurés par des experts de l’agriculture.

Pour réaliser ces projets de développement rural, d’expansion de la production agricole et des petits métiers ruraux, nous mettrons en place un personnel spécialisé dans le domaine de l’environnement et du développement rural. La formation du personnel d’encadrement inclura aussi bien la vulgarisation agricole que la propagation de l'hygiène, l’animation en faveur de l’épargne rurale et la mise en place de systèmes de solidarité.
Les pratiques relatives à l'agriculture et à l’élevage seront qualitativement améliorées pour de meilleurs rendements.

L'installation des exploitants agricoles

Nous favoriserons une politique consciente de planification et de multiplication des exploitations moyennes rurales. Nous sommes convaincu que nos agriculteurs déjà au fait des pratiques agricoles adéquates peuvent se convertir rapidement en entrepreneurs compétents s'ils reçoivent l'encadrement et la formation nécessaires.

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Les cultures industrielles et l’agro-industrie

Les cultures d’exportation arachide, coton, fruits et légumes font l’objet de nos préoccupations étant donné les besoins en devises du pays. Il est urgent qu’un inventaire des plantations existantes soit dressé afin de les accroître et d’organiser leur relance.

Dans le même ordre, des garanties et des avantages devraient être accordés aux cultivateurs et investisseurs qui s’orientent vers l'agro-industrie et les industries alimentaires en général.

L’artisanat et les métiers ruraux

Le développement rural est une tâche à faces multiples dont le but est l’amélioration du niveau de vie des habitants. Nous devrons lutter pour assurer l’augmentation de leurs revenus par l'aménagement des territoires, l’amélioration des conditions de santé, la scolarisation, en somme la satisfaction des besoins créés par la transition vers la société industrielle.

Nous croyons fermement qu’il faut assister les commerçants et les coopératives installés dans les milieux ruraux en vue de faciliter aux agriculteurs l'approvisionnement en biens manufacturés. Les crédits et autres services bancaires rendus à ce genre d'activités seraient d’une utilité considérable pour le pays tout entier. L'état devra mettre tout en oeuvre pour faciliter l’installation des artisans, des petits métiers, des commerçants et des coopératives en milieu rural.

Les Banques Agricoles

L’expérience de quarante huit ans d’indépendance montre que les banques commerciales existantes hésitent à s’engager dans le crédit agricole, surtout lorsque celui-ci est sollicité par des nationaux. Les offres financières de ces banques ne profitent pas aux hommes d’affaires locaux encore moins aux agriculteurs qui sont obligés de recourir à l’auto-financement.

C’est pourquoi, considérant l’importance du crédit à l’agriculture, nous nous engageons à lutter pour la multiplication des banques agricoles afin de mettre à disposition de nos agriculteurs les moyens nécessaires à leurs activités.

LA PECHE

Nous nous évertuerons à mettre en place des réformes pour appuyer ce second secteur pourvoyeur de devises pour notre pays. Nous mettrons en place un programme qui aura pour ambition de regrouper les pêcheurs artisanaux sous forme de coopératives qui bénéficieraient d’un encadrement dans la gestion et les règles de sécurité.

En outre nous soutiendrons tout effort allant dans le sens de l’installation d’entrepôts frigorifiques de stockage pour palier à toute pénurie et assurer en même temps un meilleur approvisionnement en produits halieutiques des marchés locaux.

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