Et l’ange noir passa : (2)

Article publié le 30 juillet 2009

CHRONIQUE SDJ.

Tous nous apprennent que les égyptiens étaient des Nègres, comme les Ethiopiens et les autres Africains ; que l’Egypte a civilisé le monde. » Cheikh Anta Diop, Nations Nègres et culture. Par. Saliou Démanguy Diouf

Pourrait-on faire oublier que Michael Jackson était avant tout un africain-américain ?

La dernière couleur de sa peau serait-elle capable de nous faire oublier son ascendance africaine ? Michael compte certainement parmi les plus grands noirs de son époque. Il portait l’Afrique très sérieusement, dans son cœur et l’a prouvé toute sa vie durant.

Sinon pourquoi avec sa famille et ses frères du Jackson five avait-il accepté de venir se produire au Sénégal sous la férule de feu Mamadou Seck alias Johny Secka l’enfant de Diourbel ? Après avoir visité l’île de Gorée et la petite côte, le Jackson five s’était produit lors d’un concert resté mémorable, au Théâtre national Daniel Sorano à Dakar. Aussitôt après le concert, nous avions chevauché notre Honda, en compagnie de notre ami, le talentueux comédien Tamba Mbaye, pour nous rendre immédiatement à l’hôtel Téranga. Et chose facile à l’époque, nous rencontrâmes Michael Jackson accompagné de ses frères au moment où il revenaient de la piscine de l‘hôtel. Ils étaient tous vêtus d’un peignoir de bain d’un bleu pale. Il nous adressa, un sourire accompagné d’un Hi très chaleureux alors que nous venions juste d’esquisser un sourire. Il venait d’avoir seize ans et était d’un air plutôt frêle. L’ange passa et ses frères suivirent.

Le star système n’était pas évidemment en 1974 une préoccupation vraiment sénégalaise. Nous n’avions que le Baobab, nos deux Xalam nationaux et quelques balbutiements au Miami de Monsieur Kassé. Notre démarche n’était autre que celle de jeunes artistes sénégalais en vadrouille motorisée à Dakar et qui suivaient les événements culturels de leur temps. Cette rencontre était aussi naturelle et presque aussi anodine que toutes les autres, que nous ayons eu avec beaucoup d’hommes de culture de notre époque.

Il y a lieu de s’interroger sur cette grande absence des africains, hormis l’exception faite à Nelson Mandela, aux différentes cérémonies du deuil de leur cher parent Michael Jackson.

Malgré l’absence de puissance des satellites africains, il a été salué, pleuré et célébré partout en Afrique. Indépendamment de tout pathétisme ou de toute vénalité, nous considérons que Michael Jackson est avant tout un modèle dont la jeunesse africaine aurait intérêt à suivre la culture de l’excellence, de la générosité et la noblesse des expressions.

Qui aurait donc intérêt à faire oublier par ce dégommage médiatique rondement mené, cette existence majeure qu’est l’Afrique où se trouvent ancrées à jamais et l’histoire et la civilisation qui ont fondé Michal Jackson ?

Certainement au cours de toute sa vie, à l’instar de toutes les grosses pointures de la musique africaine-américaine, Afro-brésilienne, afro-caribéenne ou latino-américaine qui ont permis l‘affirmation de tous les styles : Jazz, R & B, Pop, Hip Hop, Rock & Roll, Rap, Blues, Salsa, Samba, Soca, Cumbia, Zouk, Boléro, Tango, Reggae, Merengue, Brega, etc. sans lesquels le monde ne serait pas le monde, il a judicieusement servi toutes les couleurs des expressions culturelles négro-africaines. Il savait parfaitement que l’Afrique est la mère de toutes les musiques qui aujourd’hui, gouvernent incontestablement toutes les esthétiques majeures de la musique mondiale. Nul ne peut ignorer les influences de l’esthétique africaine sur toute la musique mondiale, jusqu’en Chine, au Japon, en Arabie, etc. Malgré tous les mystères cultivés par les orgueils faussement dédaigneux de ces nations, leurs musiciens se sont mis depuis longtemps aussi bien au Jazz qu’au Ndombolo, au Reggae, à la salsa et au R & B. Il en est ainsi dans les moindres recoins de la planète. Ceci montre à quel point l’Afrique ne fait presque rien de ce qu’elle devrait faire pour la gestion de sa culture. Au contraire elle baisse les bras s’ils ne sont pas croisés pour attendre benoîtement les secours du monde alors que son génie culturel et ses richesses naturelles lui permettent de gouverner le monde entier. Seuls les attitudes des africains qui gouvernent l’Afrique doivent être tenus pour responsables du racisme, du mépris et des violences que d’autres peuples infligent au quotidien des africains. Cela peut et doit être rapidement changé. Absolument et en très peu de temps car l’Afrique possède toutes les notes dont elle a seule et le droit et la faculté de jouer dans cette grande partition de notre époque.

Pouvons-nous et nous devons en tout cas, à l’heure actuelle, avoir au moins le courage, de nous sentir tous responsables (spectateurs comme mauvais acteurs) de notre destin, des déprédations imposées à nos valeurs socioculturelles et économiques ?

Comment faisons nous pour accepter la récupération éhontée de toutes nos matières premières par une caste d’hommes qui ignorent jusqu’à la noblesse du sens de la honte ou de la bonté et qui nous bernent avec la complicité de nos propres leaders ? Comment voyons nous le rythme effréné auquel la jeunesse africaine fuit « l’aridité » de notre continent pour aller servir le surdéveloppement de ceux-là mêmes qui nous exploitent et qui nous réservent toutes les modes de la disgrâce ? Mais pourtant l’africain est bien cet homme qui n’a jamais asservi les hommes des autres continents, bien qu’il entra bien avant eux dans l’histoire. Ce qui ne le pousse pas à les traiter de barbares ou de sauvages, alors qu’ils lui ont tous infligé les pires violences que tout véritable sentiment humain réprouve absolument.

Les plus cool de la horde, vous dirons, laissons donc faire, dés lors que tout ceci dure depuis des siècles ; comme si nous en convenions plaisamment avec nos sourires toujours généreusement banania.

Beaucoup se poseront certainement des pourquoi par millions, comme s’il nous fallait justifier tous les points d’appui de nos interrogations, de nos affirmations qui se trouvent parfaitement dans Google et wikipédia. Elles se trouvent surtout et tout simplement dans l’intense respectabilité de l’Afrique opposée au grand mépris que lui manifeste le monde entier.

Alors que toute la jeunesse mondiale reste rivée devant leur TV et se contorsionne au rythme du king of Pop, nous savons qu’après l’épuisement des tortures idéologiques, impulsées par ses détracteurs, la puissance expressive de Michael Jackson trouvera ses réponses dans la noblesse de la grande civilisation africaine.

Or donc voici une invitation au voyage, pour un regard non aliéné, sur les pistes de l’histoire africaine afin de démontrer avec simplicité comment les négro-africains ont initié et influencé l’histoire de toute l’humanité.

En effet, la fermeté de cette puissance culturelle génératrice de l’histoire a forgé pendant des millénaires, sa résistance, en battant en brèche toutes les barbaries antiques avant de s‘attaquer à toutes les histoires fantaisistes aujourd’hui brodées par les prédateurs de l‘Afrique. En digérant l’épaisseur du temps, elle a su restituer au monde les merveilles dont faisait partie Michael Jackson.

Ceux là mêmes qui, suite à la traite négrière, ont voulu cacher au monde la puissance des humanités africaines initiées plus de dix mille ans avant J.C. et qui après avoir nourri la période pharaonique, a mis en place tous les éléments essentiels de la civilisation bien avant l‘arrivée en Afrique, des perses en -525 et d’Alexandre le grand en -332 A. J. C.

Certes, la parole pharaonique était divine mais celle de ses vrais enfants aujourd’hui déterminés, sont capables, en restant à la fois libre, généreuse, pleine de bravoure et de promesse, de changer positivement le monde. Et c’est bien ce qui faisait vivre Michael Jackson.

Nous devons pour le respect de la nature et devons tout faire pour faire correctement tout ce qui peut faire le bonheur des citoyennes et citoyens d’un Sénégal prospère, dans un monde d’équilibre et de paix.

Nous y reviendrons absolument car nous écrivons pour notre conviction d’un autre Sénégal possible et que massivement nous pouvons le faire. (A suivre.)

www.sen24heures.com SDJ.

Pour adherez visitez notre site internet: www.acadsunureew.com

            Alternative Citoyenne Sunureew
www.acadsunureew.com
 

             
               Ensemble, un Autre Sénégal est Possible.
 

 
 
 

setstats