CLASSEMENT ET SITUATION ECONOMIQUE DU SENEGAL DANS LE MONDESeneweb.com: Mercredi 14 Mai 2008 [ Contribution ] Le Professeur Arona Ndoffène DIOUF, PhD, Candidat aux Prochaines Présidentielles : Le Programme GOANA, Encore un Bluff de Me Abdoulaye Wade Me Abdoulaye Wade, Président de la République a exposé son énième Programme agricole qu’il a appelé la « Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance » (Goana). Selon, lui, ce programme, qui demande l’implication de toutes les forces vives de la Nation, est prévu pour cet hivernage - qui a déjà commencé dans certaines régions du sud du pays. L’exécution de ce plan devrait permettre des récoltes record de 500 000 tonnes de riz, deux millions de tonnes de maïs, trois millions de tonnes de manioc, et plus de deux millions de tonnes d’autres céréales comme le mil, le sorgho, le fonio. Le volet élevage, du programme GOANA du Chef de l’Etat prévoit en outre, une production record de 400 millions de litres de lait et 435.000 tonnes de viande. Voila comment le Président de la République Me Abdoulaye Wade a prévu de lutter contre la famine et contrecarrer les effets de la flambée des prix au niveau international avec comme objectif, de la nourriture en abondance pour tous les Sénégalais. Chapeau Goana pourrions nous dire. Aux oubliettes les plans Reva, Sesame, Maïs, Bissap, Sorgho etc, sans bilan ni évaluation. Ma modeste contribution a pour objectif de vous exposer les raisons qui font que ce Programme GOANA n’est rien d’autre qu’un autre bluff pour leurrer et apaiser les populations mécontentes, qui subissent durement la famine à l’intérieur de l’autre Sénégal qui n’est pas celui du Chef de l’Etat et de son entourage. Cet appel s’adresse tout d'abord, ironiquement aux cadres de l’Etat, les préfets, directeurs, ministres, députés et sénateurs sans expérience et sans passion pour l'agriculture. Ceux là même qui ont toujours oublié la classe paysanne.
Les vrais agriculteurs qui sont certainement les vraies forces vives de ce secteur, ont toujours été trompés et manipulés par nos gouvernements successifs. Ainsi, corrélativement, pour atteindre une production de 500 000 tonnes de riz par an avec les moyens actuels (sans compter sur les promesses évanescentes d’équipements du Président de la République), il nous faudrait multiplier les surfaces rizicoles par 8 et doter les paysans d’équipements de pointe pour assurer une irrigation suffisante. Rien que pour l’assainissement des surfaces cultivables, les études géomorphologiques et pedologiques ainsi que l’aménagement des rizicultures prendraient au Chef de l’Etat, plus de dix hivernages pour réaliser son rêve qui nécessitera une superficie d’au moins 1 million d’ha. Ce même schéma appliqué à la volonté de produire des millions de tonnes de manioc et autres céréales reviendrait toujours à des résultats aussi surprenants qu'erronés alors que notre Président nous a promis toutes ces merveilles en moins d’une année. Concernant l’élevage, porter la production de viande qui est aujourd’hui de 46 000 Tonnes, à 435 000 Tonnes et 400 millions de litres de lait en moins d’un an seulement nécessiterait que le Président "le plus diplômé de l’Afrique" Me Abdoulaye Wade crée une formule (pas mathématique cette fois ci) mais magico-microbio-génético-wadienne. Ceci supposerait que les toutes les vaches de notre pays puissent avoir des quadruplets tous les mois de cet hivernage et pendant la contre saison; engendrant ainsi une multiplication par 10 de l'actuel cheptel. C'est tout à fait délirant. Peut être aussi que ces « ingénieurs » wadiens sont en « laboratoire » pour nous créer une super formule, sous la supervision de notre Président génie en sciences es-theoriques. Quant aux équipements agricoles promis, le Président nous assure que les bateaux qui les transportent sont en position d’approche sur nos côtes. Les Américains lui ont refusé le Millenium Challenge Account (MCA), l’UE lui a posé des conditionnalités de bonne gouvernance, la Banque Mondiale et Le Fonds Monétaire International lui ont donné un cahier de leçon pour apprendre la bonne gouvernance dénommée l’Instrument de soutien à la politique économique (ISPE). L’utopie du programme GOANA sera les avions faiseurs de pluies et selon les termes du Président WADE, des tests auraient été pratiqués avec succès au Sénégal. Mais de quel Sénégal le Président nous parle-t-il ? Qui sont ces ingénieurs faiseurs de pluies? Pourquoi depuis trois ans, les résultats de leurs expériences n’ont fait l’objet d’aucune publication ou exposé à la Nation? Même en imaginant que c’est théoriquement faisable, combien nous coûteraient ces avions, le carburant, les pilotes, et leur entretien? Soyons sérieux. Selon les sources officielles, le Sénégal utilise en moyenne par an 892 000 ha pour l’arachide de l'huilerie, 35 000 ha pour l’arachide de bouche, 33 000 ha pour le coton, 91 500 ha pour le niébé, 30 600 ha pour le manioc, 405 ha pour la patate, 6 200 ha pour la pastèque, 3 700 ha pour le sésame, 935 000 ha pour le mil, 141 000 ha pour le sorgho, 106 000 ha pour le maïs, 77 700 ha pour le riz, 3 300 ha pour le fonio et près de 12 000 hectares de canne à sucre (Source : Division des Statistiques Agricoles). Ce qui revient à un total des terres cultivées de 2.366.905 ha pour un potentiel de terre arable de l’ordre de 19 Millions d’hectares.Ce qui nous laisse pantois à l'idée que le Sénégal laisse en jachère chaque année, plus de 16 Millions d’hectares de terres arables. Ce manque à gagner pourrait garantir une auto suffisance alimentaire à toute l’Afrique de l’Ouest. Et avec un programme agricole efficient et réaliste, nous pourrions faire des exportations vers l’Europe. Un tel programme nécessiterait au moins dix ans avec des investissement d’au moins 700 milliards de FCFA. Malheureusement, depuis l’accession du Sénégal à l’indépendance, seulement 120.000 ha de terre sont irrigués soit 4,8% des terres irrigables. Il reste alors, 2,3 millions de terres irrigables au Sénégal qui n’ont jamais été exploitées soit 95,2% de nos terres qui ne nous servent pas à grand chose. Aucun de nos trois Présidents n’a montré une volonté politique pour asseoir un programme agricole efficient en exploitant le potentiel de terres et d’eaux de surfaces disponibles au Sénégal. En tout état de cause, le sénégalais d’aujourd’hui ne peut plus accepter toutes ces diatribes politiciennes et manipulatrices qui n'ont rien à voir avec le développement. L’autre Sénégal appelle seulement à un peu plus de respect et d’humanité. Pour une alternative citoyenne croyant à l'émergence d'un autre Sénégal. Pr Arona Ndoffene DIOUF, PhD Directeur des Programmes Président USC Internationale HYPERLINK "http://www.sunureew.org/" \t "_blank" www.sunureew.org Rejoignez notre équipe pour participer à ce combat citoyen. Pr. Arona N. Diouf |