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Dr.
Saliou Démanguy Diouf
CHRONIQUE SDJ.
La Chronique
culturelle de sen24heures.com.
Tous les 15 et 30 de chaque mois .
LE COURAGE D’ETRE ET DE
RESTER HOMME : (Suite 1)
Tandis que notre pays vit dans une précarité sans mesure, Dakar la
capitale est truffée de night club, de salon de massage, de bars,
d’hôtels, aux allures aussi troubles que la répulsion de leur pubs aux
pâtisseries et viennoiseries jetés comme par inadvertance aux mains de
nationaux véreux et d’étrangers peu soucieux des qualités esthétiques de
notre pays et encore moins de son devenir. La nouvelle politique
touristique de notre pays ouvre ses portes à la mafia mais surtout à la
perversité internationales venues goûter à l’exotisme facile d’une
sexualité rigolarde et aux affaires financières d’un système aux
ambiances délétères. Face aux « grands travaux » exécutés à la pointure
des GMC, tunnels et ponts mais sculpture aux accents tonitruants, sont
la cerise sur le gâteau des organisateurs de conférences islamiques.
Salut à son altesse royale, mais à bon entendeur salut, car le
déferlement populaire a toujours eu raison sur le refus de la vraie
grandeur. Alors que nos imans défilent comme syndicalistes avec les
estropiés de la grande houle des eaux croupies, la litanie des disparus
en mer rythme nos asthénies tout comme l’incapacité de nos artisans à
travailler à temps plein sous la contrainte des coupures d’électricité.
Comment peut-on dans de telles conditions, faire le développement d’un
pays? Peut-on vraiment se réclamer d’une quelconque dignité, quand on
cautionne par lâcheté ou par cupidité, l’expression d’un tourisme sexuel
aujourd’hui abhorré par les pays les plus pervers d’Asie et qui se rabat
sur notre cher pays pour ravager une jeunesse si belle mais si fragile
parce que si abandonnée à elle-même?
Comment un gouvernement qui se respecte peut-il faire le choix de
refuser tout égard pour la jeunesse de son pays et encore moins pour la
réputation, de notre nation naguère, si bien vue à travers le monde?
Toutes les tares nouvelles qui frappent notre pays ne sont rien d’autre
que la preuve de l’impossibilité à un être indigne d’être
responsable d’une nation.
D’autre
part, la mentalité d’assisté savamment cultivée
par le népotisme et la corruption affecte sévèrement la dignité
africaine et risque d’enlever à l’Afrique
toute chance de développement si rapidement, nous ne prenons garde. Nous
sommes convaincus de la légitimité de tous les combats ouvertement
poursuivis dans le cadre d’alternatives
citoyennes, tout aussi bien dans la production intellectuelle mise en
lumière ou à l’ombre, qu’importe.
L’essentiel est que tout simplement tous les
enfants légitimes d’Afrique résistent en refusant
de vivre pour rien, en travaillant de manière acharnée loin de toute
forme d’aliénation, dans le cadre des vraies
valeurs africaines, qui malgré les apparences du moment, gardent encore
toute leur puissance et leurs capacités à changer le monde. C’est
pourquoi nous devons fourbir nos engagements citoyens en sachant que la
culture quelle qu’elle puisse être, ne sert à
priori qu’à l’assurance de
la vie dans la dignité et la nôtre qui est plusieurs fois millénaire en
reste toujours capable.
Cependant, la
morale qui a toujours servi de garde fou à la dignité traîne comme une
peau de chagrin dans les salons cossus des « gouverneurs » d’Afrique
qui, pire que la honte, intriguent en permanence pour une mort
ritualisée de tout le continent. Dans l’économie
mondialisée, ceux qui ne se respectent pas ne méritent le respect de nul
autre qui se respecte et le non respecté ne peut prétendre au progrès
car son comportement fait de lui, dans la sphère internationale, un être
peu crédible, un être en marge de l’histoire, un
être nuisible à l‘équilibre planétaire. Un être abjecte, ne mérite pas
en effet, de considération et c’est pourquoi les
délinquants qui gouvernent l’Afrique sont la
cause de tous ses malheurs. Si nous ne mettons pas rapidement fin et
avec force, à leurs manières de traiter nos populations, soyons certains
que mêmes les chacals auront bientôt, avec raison, le courage de nous
insulter. Nul n’est capable de nous respecter et
malgré l’engagement citoyen de nos artistes et
intellectuels qui tentent de redresser la barre, le comportement
désastreux des leaders africains finit par donner raison à tous nos
prédateurs. Avec des irresponsables à la tête de nos Etats, il est
difficile pour l’étranger - qui s’en
accommode - d’apprécier à sa juste valeur, la
noblesse de notre civilisation. Ainsi, le chinois se respecte en
respectant son pays peut-il respecter l’africain
qui se laisse violemment et facilement exploiter ? Alors que l’européen
qui a colonisé l’africain et lui a imposé ses
valeurs - qu’il continue d’accepter
avec docilité - n’est certainement pas capable de
le respecter. L’arabe qui partage avec beaucoup
d’africains les mêmes croyances religieuses, qui
les reçoit ou les rencontre à la Mecque et qui n’hésite pas à s’investir
dans l’exploitation de ses matières premières, à
acheter ses secteurs secondaire et tertiaire, respecte-t-il pour autant
l’africain ?
Qui peut avoir
du respect pour l’Afrique dans son état actuelle?
Mêmes pas les
africains restés dignes et respectables ne respectent plus les « dirigeants »
africains.
Il suffit au
dernier des clochards étrangers d’être tout
simplement clair de peau, pour jouir d’une grande
considération dans une Afrique actuellement très aliénée. Les produits
éclaircissants, crème Dorothe, Ambi, Acagny, qui agressent l’ébène de la
négritude de beaucoup de nos femmes mais aussi de certains hommes très
douteux, ne sont rien à côté du décapage sentimental et culturel qui les
soutiennent.
Cet africain
toujours connu pour la puissance de sa sagesse, dirions nous pour sa
puissance culturelle mais qui accepte docilement, la spoliation de tout
son patrimoine, comme pour se suicider, s’embourbe
de plus en plus, dans des courbettes qui ne risquent pas d’inspirer
la moindre compassion à ses bourreaux. Nous en éprouvons une grande
tristesse, car demain sera certainement beaucoup plus violent si nous ne
réagissons pas rapidement et vigoureusement contre les pleutres qui nous
gouvernent.
Malgré la gravité de cette situation qui indispose sérieusement tous
ceux qui parmi nous sont encore attachés à de vraies valeurs, beaucoup
de nos leaders se comportent comme de vrais phacochères et s’entendent
comme larrons en foire, pour dilapider en toute insouciance, les maigres
deniers de nos pauvres populations.
L’africain
n’hésite plus à trépaner, à fusiller, à truander,
à affamer, à violer ou à humilier son peuple avec une facilité et une
férocité extrêmes qui aujourd’hui, ne semblent
plus émouvoir les humanistes naguère si bavards.
Que
représentent la folie, l’aliénation culturelle,
la crétinerie, la lâcheté et la cupidité dans la somme quotidienne des
ravages économiques conjugués avec la précarité, les moustiques, le
choléra, la male nutrition, le Sida et l’extravagance
des violences infligées aux femmes, aux vieillards et aux enfants?
Comment en sommes-nous arrivés à cette laideur que nul n’accepte
d’assumer?
Nous
aimerions cependant, que les administrateurs de l’Afrique
qui se prennent souvent, trop abusivement certes, pour de « grands
chefs », de « grands patrons », « d’hommes forts », comme tous ces chefs
d’Etats, ministres, députés et sénateurs,
puissent dire au peuple africain, ce qu’ils font
des immenses richesses de notre continent et ce qu’ils
comptent faire des fortunes colossales fourguées dans les banques
étrangères.
Que
comptent-ils faire de l’avenir de nos
descendants? (A suivre.)
SDJ.
Ensemble, un Autre Sénégal est
Possible.

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