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CHRONIQUE  SDJ. 

Dr. Saliou Démanguy Diouf 
« C’est la conscience historique qui vous permet de rester un peuple fort ».
Cheikh Anta Diop.
La Chronique culturelle, de l’alternative citoyenne And Dafar Sunurèew    
Tous les15 et 30 de chaque mois
                                    

 

CULTURE ET DEVELOPPEMENT          
Le sénégalais se distingue dans l’environnement mondial par sa culture qui se résume à l’ensemble des critères esthétiques éprouvés et transmis par nos ancêtres. Dans la mesure où toutes les cultures sont spécifiées par l’histoire et la géographie, il appartient à chaque peuple de fortifier la sienne par l’affirmation de ses points d’ancrage, de ses points d’équilibre moral et psychique dans le respect de ses besoins. Il est facile cependant de constater que dans le cours des différents modes d’organisation de la mondialisation, ce sont les peuples les moins aliénés, les moins dispersés donc les mieux organisés, qui réussissent à faire accepter au reste du monde les fruits de leur créativité, dirions nous les produits de leur originalité. Les plus forts ne sont pas seulement les anciennes puissances coloniales mais sont aussi parmi les plus travailleurs, les plus protecteurs de leurs différents patrimoines et les plus attachés à leurs valeurs intrinsèques. La Chine, l’Inde ou le Brésil méritent nos interrogations. Evidemment qu’un simple fou, fut-t-il américain, tout comme un aliéné culturel, ne peut tenir la dragée haute à une équipée de cadres supérieurs enracinés dans de vraies valeurs. D’où l’intérêt de sérieusement aider à l’éveil des consciences historique et culturelle de notre nation. La conscience esthétique quant à elle, supprime la naïveté et l’amertume qui peuvent aggraver les aveuglements dans divers combats qui dans les sphères internationales, aiment la subtilité.

Cependant, les africains qui mettent en doute la validité de leurs cultures ancestrales resteront toujours à la traîne devant l’efficacité des peuples enracinés dans les leurs et qui souvent, leur imposent leur diktat.

Il y a forcément lieu que la situation actuelle reste en l’état tant que nous ne prendrons pas de références dans notre héritage culturel. Dés lors, il est grand temps pour l’africain, de casser avec les hésitations, les doutes, les peurs, les mensonges et les bégaiements que plus rien n’explique après les thèses lumineuses du Professeur Cheikh Anta Diop. Nous devons en effet dés ce matin retrouver plus d’assurance et de confiance dans les vérités historiques qui nous dictent plus de combativité, plus de liberté, de rigueur et de respect pour le culte de nos ancêtres et la trajectoire de notre devenir. Nous devons être et rester fiers de nos différences afin de nous réaliser dans la dignité. Selon Eric Fottorino directeur de la publication du journal « le Monde », « Claude Lévi-Strauss, adepte du « regard éloigné »  aura pour mieux embrasser l’épaisseur du réel, souvent seul énoncé de lourdes vérités. En particulier que l’autre, parce qu’il est différent, n’est pas inférieur. Que la diversité ne peut justifier l’inégalité. Que « Le barbare, c’est d’abord l’homme qui croit à la barbarie ». Que le regard ethnocentré, technocentré, confondant progrès matériel et civilisation supérieure, est une faute de l’esprit, un excès de soi-même ».

L’Afrique n’a-t-elle pas  l’un des plus riches patrimoines culturels sinon le plus riche de la planète ?  Pourquoi ne pas en user pas pour donner plus de réalisme et de sens à notre créativité ?

De la fondation de l’histoire sous le règne de Ménès Narmer en 3300 avant J. C. à Soundjata Kéita et Kwame Nkrumah ou encore, de Cheikh Anta Diop à Barack Obama qui aujourd’hui, parle au monde avec des airs d’Ahmed Sékou Touré, l’Afrique a des potentialités culturelles dont la grandeur et la puissance sont largement suffisantes pour donner au moins un Etat aussi puissant que les Etats Unis d’Amérique. Mais faudrait-ils d’abord que les africains acceptent de renouer avec eux-mêmes en acceptant de sortir des pitoyables errances culturelles non africaines qu’ils adoptent depuis si longtemps, pour bâtir à la place, de solides politiques culturelles afro africaines, industrielles, technologiques et techniciennes, capables de donner des réponses à de vraies politiques économique, diplomatique, sociétale, éducative, sportive, sanitaire, spirituelle, esthétique et éthique dédiées à une Afrique qui s’inspire d’elle-même pour se développer de manière délibérée. Selon Cheikh Anta Diop, « l’Afrique noire avait l’initiative historique du monde plus de 2000 avant la constitution de la Grèce ». C’est dire que nul autre que nous, ne fera la beauté, la fierté et la respectabilité de l’Afrique que nous avons le devoir et surtout la capacité de développer car il ne nous manque absolument plus rien pour y parvenir, sinon l’amour de nous-mêmes.

Pour revenir au particulier, rappelons que le Sénégal est un pays très riche, si nous tenons simplement compte du fait qu’il ait un territoire national, un cadre de vie et y ait mis au monde des hommes politiques, universitaires, romanciers, essayistes, Philosophes, scientifiques, plasticiens, cinéastes, acteurs, poètes, musiciens, esthéticiens, bâtisseurs de différents ordres, femmes et hommes d'affaires, journalistes, producteurs culturels, industriels, ce tout monde dont les œuvres à la fois contradictoires et complémentaires, sont certainement initiatrices et moteurs de progrès. Notre cher pays a-t-il vraiment ses vrais leaders ? Les réalités du peuple sénégalais laissent bien percevoir les réponses négatives à une telle interrogation.

Cependant nous pouvons démontrer au monde que notre pays a des enfants suffisamment intègres et capables, dans un futur presque immédiat d’orienter positivement les destinées de notre chère nation, loin de la vieille garde politicienne.

C’est dans cette perspective que nous avons trouvé chez le Professeur Arona Ndoffène Diouf les qualités d’un candidat idéal pour la magistrature suprême de notre pays en 2012. Et c’est pourquoi nous avons pris l’engagement de le rejoindre dans ce noble combat que nous menons déjà massivement avec des milliers de compatriotes. En effet, le projet de société de notre Alternative Citoyenne And Dafar Sunurèew, répond parfaitement aux interrogations majeures nées des rêves de libération économique et sociétale de notre très cher pays.

Nous nous sommes délibérément questionner sur les raisons qui font qu’aucun gouvernement depuis bientôt cinquante ans ne met de manière judicieuse et affirmée, au devant des scènes nationale et internationale, les travaux et productions si remarquables de nos intellectuels et créateurs. Les raisons de cette défaillance relève essentiellement de la faiblesse de notre conscience historique qui gène l’expression de nos valeurs culturelles et par delà, l’affirmation de la puissante personnalité de notre pays.

Dans un autre registre nous devons souligner que durant ces périodes successives du népotisme que traverse le Sénégal, les valeurs culturelles ont du mal à supporter les rigueurs des immoralités imposées à notre nation.

Notre pays n’a pas en effet, atteint un niveau de développement économique capable de soutenir les perversités que parviennent à très difficilement résorber les puissances économiques planétaires en termes de gabegie, de prostitution, de criminalité, de violence urbaine et de guerre civile.

C’est pourquoi nous devons plus que les autres veiller sur l’état de nos cultures dont le soutien peut en mettant fin à tous nos conflits, assurer notre survie dans la dignité.  Nous ne voyons pas pourquoi nos leaders actuels hésitent à couper  toutes les entraves à la paix en Casamance ?

Nous avons du mal à accepter qu’en 2009  qu’un seul sénégalais puisse trouver une seule raison suffisante pour opposer à mort des Mandiacks à des Diolas, à des Peuls ou à des Sérères ou encore à des Mandingues, Balantes, Baynouks,  Soninkés, Bassaris, Wolofs ou Mankagnes. Rien de cohérent, en effet, dans cette affaire.

Et c’est pourquoi, nous devons rapidement revenir sur terre en respectant cette grande famille qu’est la nation sénégalaise. Notre région qui fût le lieu d’incubation de la notion de l’Etat moderne qu’elle a léguée au reste du monde, dés le troisième siècle, ne connaît pas le tribalisme qui prévaut ailleurs dans le monde et en Afrique.

Nous saluons en passant les relations paisibles entretenues par les différentes religions planétaires sur notre sol national. Dans notre pays, vivent en toute liberté et de manière conviviale, aussi bien les Ceddo-animistes, les Musulmans, les Chrétiens, les bouddhistes qui mutuellement se respectent au point qu’à Joal Fadiouth sur notre petite côte, les cimetières regroupent tous nos défunts sans distinction de religion. Où trouver un meilleur exemple de tolérance ?  Notre peuple ne serait-il pas parmi les plus fins de la planète?

Il suffit pour s’en convaincre de procéder à une analyse sommaire des relations de cousinages porteuses de sourires et de rires aux éclats et qui dit cousinages dit parentés génétiques, entre Diolas, Baynouks, Mandingues, Peuls, Mankagnes, Bassaris, Balantes, Diakhankés, Sérères, Soninkés et Wolofs.

Il en est ainsi du sens des calambours qui lient des parents proches ou éloignés, aux noms patronymiques différents mais liés par le culte des ancêtres.

Ainsi, à chacune de leurs rencontres se déchaîne un flot de sympathie entre les Cissé, Touré, Dramé, Samb, Mané, Sané, Dièyité, Wade et Mbaye, entre les Diouf, Faye, Sané, Sène et Ngom, entre les Ndiaye, Diarra, Diop et Traoré, entre les Guèye et Diaw, entre les Dabo, Sadio et Camara, entre les Dieng, Fall, Gaye, Coulibaly, Mbengue et Diagne, entre les Thiam et Sarr, entre les Thiala et Thiabou, ainsi de suite… C’est seulement en Afrique de l’ouest, que nos ancêtres ont par la grâce de Dieu, créé cette puissance esthétique du relationnel, signe distinctif d’une élégante culture qui n’est autre que celle de la paix. Elle est nôtre et n’a d’égal nulle part ailleurs. Que les aliénations guidées par le capitalisme financier ne nous séparent de nous-mêmes car tous ensemble le Sénégal est beau, fort et respectable.

Or donc, au-delà de tous les « ismes » politique, économiste ou idéologique, sachons bien que la Casamance tout comme le Fouta, le Baol, le Boundou ou le Sine fait partie intégrante de ce nous, ce beau NOUS qu’est le TOUT Sénégal, aussi beau que le fameux « C’est nous-mêmes » du créole guadeloupéen, ce nous particulier que nous avons sous la forme « Gnunu Nèènna ».

Dr. SDJ.

 Ensemble, un Autre Sénégal est Possible.

 


 

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