CHRONIQUE
SDJ. LE
COURAGE D’ETRE
ET DE RESTER HOMME : (Suite 2)
« Les rois-philosophes ne s’épanouissent
pas dans un vide moral et social. »
Niyi Osundare.
La
Chronique culturelle de sen24heures.com
Tous les 15 et 30 de chaque mois
Qui doivent-ils consulter pour trouver le pouvoir de décision et l’originalité
nécessaires à la solution des graves problèmes dont l’Afrique
a la monopole? Décidément nous avons la fâcheuse manie de réunir chez
nous les maux les plus terribles, les plus extraordinaires, les plus
atroces et malgré tout nous continuons de rigoler et de voter pour des
gouvernements sans pouvoir, des gouvernements sans force de dissuasion
morale ou militaire, des gouvernements sans idée pouvant mettre fin à
une petite guerre civile, des gouvernements sans un seul homme
charismatique à l’échelle
d’un
continent qui navigue avec à son bord, plus d’un
milliard d’habitants.
Mais pourtant, il nous suffirait tout simplement de bien nous observer
les uns, les autres pour trouver les solutions à tous nos problèmes. Le
peuple n’a
qu’à
regarder, observer, juger les supposés garants de nos institutions et
aux élus de regarder l’état
des misères qui bâillonnent la nation et qu’ensuite chacun s’interroge
sur ses devoirs et sur ses droits mais aussi et surtout sur ses
manquements. Et si nous avons encore en nous, un minimum de dignité et
de raison, nous pourrions juger de notre moralité à être ou non dans
« les affaires. » Un peuple qui se croit respectable doit savoir s’attacher
les services d’un
gouvernement digne d’intérêt,
de la même manière qu’il
doit savoir se débarrasser de la façon la plus immédiate et pourquoi
pas, la plus radicale, d’un
gouvernement corrompu. Pourquoi dans un monde où tout est lumineux, des
croyants peuvent-ils accepter de se faire écraser par des mécréants,
dirions nous par des moins que rien qui volent nos derniers publics et
dégradent sans gêne, toutes les valeurs de notre nation? C’est
cet ensemble de principes et d’interrogations
légitimes qui donne raison à l’adage
qui veut « qu’un
peuple mérite toujours ses dirigeants. »
Il faut reconnaitre que la chose est
devenue extrêmement grave, à un point tel que tout est rendu trop géant
pour nos petits « hommes forts » que nos journalistes adeptes de la
hollywoodisation, gonflent et flattent au point d’en
faire des coqs capables de défier un défilé de taureaux. Où voulons-nous
aller avec nos cinquante trois villages tous économiquement plus menacés
qu’un
bourdon sans fleur ? Avons-nous vraiment de vrais hommes à la tête de
nos différents Etats ? Les réalités africaines nous donnent le droit d’en
douter. Est-ce normal et croyez vous acceptable qu’en 2009, un homme
comme ce petit Moussa Dadis Camara puisse tenir en otage le brave peuple
de la Guinée et qu’aucune voix africaine ne s’élève? Quand on sait la
grandeur de la culture et des hommes qui ont marqué l’histoire de cette
région - qui conserve le « Sosso Balla » ce balafon royal du moyen âge
entre autres - depuis Soundjata, c’est une vraie calamité que de
permettre à la presse internationale de pérorer comme d’habitude: « Voilà
encore une sauvagerie africaine! » Pourquoi avoir donner du sens à ce
sanguinaire qui en vrai chef des idiots se permet de massacrer la
jeunesse d’un pays qu’il a le culot de vouloir diriger? Que pense le
peuple sénégalais du Président Abdoulaye Wade qui est le seul président
à lui avoir rendu une visite officielle pour sans aucun doute, le
légitimer auprès de ses pairs et auprès de l’opinion internationale?
Tous les mouvements citoyens africains existants en Europe et aux USA
devraient au moins se rassembler pour une grande protestation unitaire
devant les Nations unies et le Conseil de l’Europe. Ils ont les moyens
de payer des bus afin de défendre l’Afrique et nous sommes assurés que
les retombées en seraient grandioses. Avons-nous une quelconque ambition
pour l’Afrique
en laissant la gouvernance de nos Etats à des êtres sans valeur ? Pas
évident du tout si l’on
considère le cynisme avec lequel les gouvernements africains traitent
les richesses africaines et la manière facile avec laquelle ils livrent
les africains à la misère, aux pandémies, à toutes les perversités du
monde: précarité, pédérastie, drogue, criminalité, vol, prostitution,
immigration incontrôlée, guerre civile, suicide, pédophilie, famine,
viol, etc. alors que les notables aussi bien que la société civile
gardent un silence coupable, face à un peuple que seule la naïveté aide
à se faire berner. Autant de tares restées longtemps méconnues des
africains et que rien ne devrait aujourd’hui
justifiées puis que d’un
point de vue moral, elles dépassent l’entendement
de l’Afrique
profonde qui devrait sans tarder en prendre conscience pour les très
sévèrement punir. N’ignorant pas la vaillance du peuple africain, nous
sommes outrés par cette disgrâce conjuguée au silence de « l’Union
Africaine » dont on devrait se question sur les raisons d’être.
Tout pourrait-il s’expliquer
par l’égoïsme
des uns et la couardise des autres, tous en bons valets serviles de ceux
qui ne travaillent qu’à
sursoir notre libération économique et le développement de l’Afrique?
Nous espérons cependant, que les femmes et les hommes restés intègres
dans la souche intellectuelle africaine et surtout dans la société
civile, n’accepteront
jamais de baisser les bras dans le digne combat de la conscientisation
populaire. Nous sommes convaincus de l’impérieuse
nécessité de produire un travail culturel à la fois dense et massif pour
débarrasser l’Afrique
de toutes les scories de son passé récent. Le drame est que pendant
cette période d’ouverture
et d’indépendance
où un monde imbu des beautés de la liberté, postule de plus en plus à
une démocratisation effective de tous les systèmes planétaires, seule l’Afrique,
encore très aliénée, accepte benoîtement de rester à la traîne. Le reste
du monde s’attend
maintenant à ce qu’elle
prenne ses responsabilités en acceptant de faire son développement pour
la dignité et la liberté de l’espèce
humaine. Et c’est
pourquoi, « La jeunesse africaine crie sa lassitude des immobilismes
généreusement nourris par la prudence et l’esprit
pusillanime des politiques qui calquent et décalquent la cadence de la
dépendance. » (In « Actions et développement »,
CD SDJ, « Hommage à Cheikh Anta Diop », « Rapa dub poésie », Product.
Nkrumah Audio-vision, 2006, Dakar, Sénégal.)
Nous en sommes arrivés à penser et à
constater que certains de nos leaders ne mériteraient pas la dignité de
la mort au temps du pharaonisme où le peuple fit la première révolution
pan-humaine pour réclamer son droit inaliénable à une mort digne, en l’occurrence
à la noblesse de la momification. Ceux qui le savent bien chez nous vous
diront tous, : « Bëg Nâ Suma dé-yé Tally ». Comment en sommes-nous
arrivés à ce qui est plus idiot qu’un
revers de médaille, à des africains qui refusent de se révolter pour
tout simplement avoir le droit de vivre dans la dignité, alors que nous
savons que l’oxygène
qui est la chose la plus indispensable à la vie est certainement la plus
gratuite et la mieux partagée pour dire à l’homme
l’importance
de sa modestie dans l’ordre
des choses qui font marcher le monde. Alors « Bunu Kènn Fatt! » (Que
personne ne nous étouffe!) Evidemment que nous ne sommes absolument
rien dans la grande « machine de l’univers. »
N’est-ce pas ce qui fait dire à nos parents Xossa du Kalahari que « Nous
ne sommes rien d’autres que des grains de poussière dans l’univers ? »
Et c’est
pourquoi nous devrions tous adhérer à nos valeurs les plus intrinsèques
qui abhorrent la bassesse et le crime, mais aussi la lâcheté et la peur
du combat.
Nos dirigeants ne s’embarrassent
plus de leur disgrâce, eux qui sont habitués à refuser toute critique
fondée sur les catastrophes qu’ils
battissent avec une classe politique à la fois aliénée et corrompue et
précipitent droit dans le mur toutes les ambitions de la nation
africaine alors que partout ailleurs dans le monde les leaders tirent la
couverture sur leur nation. Pourtant, avec sa faculté de résorber la
douleur pendant si longtemps, celle de dépasser toutes les situations
macabres imposées, toutes les souillures imposées au nombre de toutes
les impostures que vous savez, l’africain
reste debout et n’attend
que de bons dirigeants pour prendre à bras le corps toutes les synergies
incontournables pour son développement. Qu’attendons
nous, bon sang, qu’attendons
nous pour tous agir, alors que pour beaucoup moins, des peuples
soulevèrent la terre pour changer le cours de l’histoire? Par la grâce
de dieu nous pouvons et par la grâce de dieu nous devons car dieu n’aime
pas les iniquités tyranniques. L’africain
dont le génie à malgré sa volonté construit une part belle du monde en
tant qu’esclave
ou colonisé, est bien capable de faire son propre développement. Il est
aujourd’hui
poussé à immigrer dans le monde entier pour faire le progrès des pays
qui l’accueillent.
C’est pourquoi nous devons tous par amour pour notre pays, apprendre à
dire les choses telles quelles sont, dans la mesure où la vérité est
belle et que nul n’en
a le privilège. Comment faisons nous pour regarder nos enfants, nos
parents, nos amis et nos voisins, dans les yeux quand nous sommes
parfaitement conscients de notre lâcheté, de notre couardise qui nous
empêchent d’agir
délibérément, pour donner un sens à notre existence ? Et que pensent
ceux qui sont en possession d’un pouvoir illégitime, que peuvent-ils
penser de l’ignominie
qu’est
la somme de leur corruption, celle de leur paresse, celle de leur
traitrise, celle de leurs mensonges, celle de leurs incompétences et
celle de leur capacité à dévier de leurs engagements les plus intimes,
les plus nobles et à leur facilité à tromper sans scrupules, nos
populations ? Si nous ne nous sentons pas conscients d’un seul de ces
points cela veut dire que nous sommes atteints d’aliénation
culturelle grave qui nous indispose à parler de l’Afrique
et encore moins de parler pour l’Afrique.
Il faut en effet des africains dignes, enracinés, fiers, ouverts et très
courageux pour prétendre à une moindre place de leader en Afrique. Tout
ce beau monde qui nous gouverne devrait moralement s’interroger
sur lui-même. Voilà donc posées quelques pistes pour les réflexions
culturelles sur lesquelles le nombre le plus important des sénégalais
devrait se pencher pour se rendre compte à quel point il est important
de cerner chacun des hommes qu’ils
élisent et du milieu qui les a vu naître et grandir puisque tout est
finalement dans la valeur de l’individu. Nous devrions au lieu de nous
laisser griser par les tam-tams et les tissus Lagos à l’effigie
de candidats corrupteurs qui distribuent de l’argent
illicite, plutôt nous interroger sur la question du comment changer
notre pays. Une fois que les règles du jeu seront acceptées, s’imposera
à chacun de nous mais avec rigueur, la pratique de nos différents
apprentissages faits pour le salut de la nation. Si la liberté nous
manque allons, sans gêne aucune, consulter nos psychanalystes pour l’intérêt
général. Tous ceux parmi nous qui ignorent encore aujourd’hui,
la dangerosité de la famille Wade ont certainement intérêt à aller
consulter. A quel peuple les Wade oseront-ils demander un plébiscite
pour la magistrature suprême en 2012? Qui oserait se dire sénégalais et
voter pour un vieillard plutôt centenaire? Certainement pas à nous, qui,
pour sauver la nation sénégalaise, mettrons Incha Allah, à la
magistrature suprême de notre cher pays, le Professeur Arona Ndoffènne
Diouf pour que triomphe le progrès sur la décroissance, la finesse sur
la balourdise, l’humanité
sur l’insolence,
la jeunesse sur la sénilité et la sobriété sur la frime.
Dr. S.D.J.
Un
autre Sénégal est Possible. Il faut y croire.
Le
Groupe de Coordination International (GCI).
Alternative Citoyenne *Sunureew*
www.acadsunureew.com

Ensemble, nous pouvons créer un Autre Sénégal.
|